Aujourd’hui, je veux oublier pour quelques heures ( et ce sera difficile , je le sais) les gesticulations de
l’Omniprésidentpasfainéant de notre « Monocratie » française (la Monocratie étant une sorte de monarchie absolue avec un semblant de démocratie ), ses annonces à répétitions, ses
réformes en série, bref, j’ai voulu oublier un moment le mauvais cabotin populiste pour consacrer ce billet à un vrai, un authentique représentant de notre profession. UN ACTEUR, le plus ancien
d’entre nous. Notre DOYEN, j’ai nommé PIERRE GERALD, 103 ans aux fraises ! J’ai joué avec lui, autrefois, dans une pièce d’Isaac Babel « Entre chien et loup ». Je lui ai rendu visite hier. Il a
toujours l’œil vif et malicieux, la voix claire et la diction impeccable. Il m’accueille avec un « Tu sais que je suis le doyen des acteurs ? « et avec un humour toujours intact, il ajoute
: « …des acteurs inconnus ! ». Je ris. Il tient son public, donc il renchérit « mais je suis quand même passé chez Drucker et j’ai tourné avec Eric Klapish dans les « Poupées Russes
», tu as vu ? Je jouais le grand-père de Romain Duris » et pour me prouver que sa mémoire est intacte, il me dit , l’air coquin et sans l’ombre d’une hésitation les 12 strophes du « MOT ET
LA CHOSE » :
« Madame quel est votre mot
Et sur le mot et sur la chose
On vous a dit souvent le mot
On vous a fait souvent la chose …etc. »
Sans oublier de préciser que cette œuvre fut écrite par un abbé, l’abbé de
l’Attaignant, et il m’offre en prime un délicieux poème de Voltaire et quelques vers de Mithridate ! Il dit tout ça avec talent et légèreté, puis après une pause, il ajoute : « J’ai dépassé les
100 ans ! Tu te rends compte ! C’est indécent non ? « Et sans reprendre son souffle, il enchaîne : « Il y a quelques mois, j’ai rencontré GALABRU au théâtre, il m’a demandé des
nouvelles de ma femme, je lui ai répondu : Je suis veuf depuis trente ans ! Tu sais ce qu’il m’a dit ? « VEINARD » ! Et il rit. Les secrets de sa LONGÉVITÉ ? Manger léger, ne pas
boire – juste un petit verre de Bordeaux à table –RIRE et continuer à apprendre des poèmes et des textes ! Cher Pierre, pour ce moment passé avec toi et cette jolie leçon de VIE et de
THÉÂTRE, je te décerne un ARC DE TRIOMPHE « à l’acteur inconnu » !
Par Laurence
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Publié dans : MES BONHEURS
02 janvier 2009
Jean-Paul Walter
Directeur d’Ecole Primaire
Quartier des Paires
67420 Bourg-Bruche
à
Monsieur l’Inspecteur d’Académie
Inspection Académique du Bas-Rhin
65, Avenue de la Forêt Noire
67083 STRASBOURG CEDEX
Monsieur l’Inspecteur d’Académie,
Par votre courrier du 30 octobre 2008, j’ai appris ma nomination au grade de Chevalier des Palmes Académiques et je vous en remercie.
Il semblerait que cette promotion soit due à mon engagement pour la mission de service public d’éducation, en tant que directeur d’une petite école rurale, mais également pour
mon action militante, au-delà du temps scolaire, dans les associations complémentaires de l’Education Nationale et le Mouvement Freinet.
Mes actions ont toujours été guidées par des principes d’égalité (il n’y a qu’une éducation, elle s’adresse à tous et est de tous les instants), de solidarité (condition indispensable à un
minimum d’harmonie sociale), de laïcité (condition de la liberté de jugement et de conscience).
Au cours de ma carrière d’enseignant, j’ai essayé modestement, de construire une pédagogie centrée sur l’enfant, basée sur l’entraide et la coopération, qui cherche à donner du sens au travail,
prend en compte la diversité des élèves et les invite à agir pour apprendre.
J’en conclus que cet engagement avait quelque chose de méritoire puisqu’il me vaut la reconnaissance de l’Administration de l’Education Nationale. En d’autres temps, cette nomination aurait
représenté pour moi un grand honneur et une grande fierté.
Mais voilà que depuis quelques mois, cette même administration me demande d’appliquer une politique éducative allant totalement à l’encontre des convictions qui m’ont animé jusqu’à présent :
- Les nouveaux programmes, mis en œuvre dans un temps resserré, ne profitent qu’à une minorité d’élèves que l’on pousse vers l’élitisme.
- La culture du résultat et le concept de performance, appliqués à l’éducation, avec la mise en concurrence des établissements et des individus (projet de suppression de la carte scolaire,
évaluations devant être rendues publiques…), profiteront certes à une minorité, mais lorsqu’il y a des gagnants, il y a aussi des perdants.
- Le traitement de la difficulté scolaire n’est plus que l’arbre qui cache la forêt. Il est amputé de ses moyens les plus efficients, basé sur le volontariat des parents, repoussé hors temps
scolaire et progressivement vers la sphère privée, lieu de toutes les inégalités.
- Les associations complémentaires de l’éducation, qui m’ont tant appris, sont étranglées financièrement.
- Je ne fais guère d’illusion sur l’évolution du statut d’enseignant dont la remise en question est déjà en chantier.
- La Révision Générale des Politiques Publiques n’a d’autre objectif que la déconstruction progressive de l’Ecole Publique Française, en la rendant moins attractive, alors que se prépare la
montée en puissance d’un service commercial d’éducation.
Je ne puis me résoudre à pratiquer ce grand écart. Les palmes académiques deviennent ainsi pour moi, le symbole du renoncement aux valeurs auxquelles j’ai toujours cru. Je préfère de ce fait
décliner l’honneur qui m’est fait. Je vous informe que je ne serai pas présent à la cérémonie de remise des médailles prévue le 14 janvier 2009, à l’Inspection Académique.
Veuillez croire, Monsieur l’Inspecteur d’Académie, en mon plus profond attachement au service public d’éducation.
Jean-Paul WALTER
Par Laurence
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Publié dans : TEMOIGNAGES
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