Lundi 14 mai 2012
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À peine sortie de l'exposition DEGAS, la tête pleine d'images de corps nus souvent brisés, contorsionnés,
tourmentés, contraints. J'ai noté en particulier dans la première salle un petit dessin au crayon représentant un jeune homme - c'est un des rares nus masculins - posant dans une position
inconfortable et qui détourne un peu la tête pour masquer sans doute la crispation de ses traits ! Ah ! le métier de modèle ne doit pas être de tout repos, c'est la rançon de la postérité ! Après
après avoir feuilleté tous les livres consacrés à Degas et avoir héroïquement resisté pour n'en acheter aucun. Je ne pouvais pas quitter les lieux sans aller faire un tour dans une salle VAN
GOGH/ GAUGUIN où leurs oeuvres se font face pour un ultime duel au-delà des querelles arlésiennes. Et je ne sais pourquoi parmi ces oeuvres vues cent fois "L'ARLÉSIENNE" de VAN GOGH justement , a
attiréparticulièrement mon regard, et plus que la chevelure aussi noire que sa robe ou le sourire à peine esquissé, c'étaient les gants insolites posés devant elle près de son parapluie et que je
n'avais jamais remarqués. Des gants vides, inutiles , incongrus et qui mettent pourtant en valeur la blancheur de la main. Une marque aristocratique exacerbée sous cette lumière trop exubérante,
presque obscène...
Avant de sortir de la salle je suis passée sous porte de la MAISON DU JOUIR sculptée par Paul GAUGUIN
pour son faré aux MARQUISES ou à TAHITI . Il y recommande aux femmes qui passeront le seuil d'être "MYSTÉRIEUSES, AMOUREUSES pour être HEUREUSES" !...
Dehors, il faisait si beau, un vrai jour de printemps je voulais sortir respirer l'air qui souffle à
l'oreille le dicton populaire "Mai, fais ce qu'il te plaît", mais je ne pouvais m'extraire de ce lieu magique. Je suis montée au cinquième étage et avant de rejoindre la galerie des
IMPRESSIONNISTES, j'ai photographié l'une des superbes horloges géantes et en me rapprochant entre deux aiguilles j'ai pu voir dans le fond MA colline de Montmartre et le sacré coeur( petit, tout
petit, je n'avais pas de zoom).
Et j'ai marché encore et encore devant les Monet, les Manet, les Cézanne, les Renoir et là je suis tombée en
arrêt devant le portrait d'une enfant, une pré-adolescente, une Alice au Pays des Merveilles tenant dans les bras un chat abandonné à sa volupté. Elle est d'une beauté bouleversante, presque
irréelle. Immortalisée par RENOIR, elle accroche le regard et on ne parvient pas à la lâcher. Je me penche, je lis: JULIE MANET ou l'ENFANT AU CHAT.
Ma curiosité était
à son comble, qui était cette Julie Manet ? La fille du peintre ? Qu'est-elle devenue? Je n'avais alors qu'une hâte: rentrer pour satisfaire ma curiosité. Et c'est ainsi que j'ai appris que cette
étonnante beauté était la fille unique de la peintre BERTHE MORIZOT et d'un MANET, frère cadet du peintre . Élevée parmi les peintres, elle servit de modèle à sa mère bien sûr, à son oncle
EDOUARD MANET, à RENOIR, quand ses parents moururent alors qu'elle n'était qu'une adolescente, ton tuteur s'appelait : STÉPHANE MALLARMÉ. Elle eût trois garçon avec Ernest ROUART, fils du
peintre HENRI ROUART, elle fût peintre elle-même et consacra sa vie à servir l'oeuvre de sa mère. Elle mourut en 1966.
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