Dimanche 8 novembre 2009
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23:13
Décidément, je ne peux pas compter sur une féline aux yeux topaze mi-Persane,
mi-roturière et définitivement sans papiers (n'en déplaise à Monsieur Besson) qui a élu domicile chez moi ou plutôt qui tolère que j'habite chez elle...Cette CANNELLE donc, avait promis de
remettre ses griffes sur le clavier pour vous brosser quelques portraits de beaux spécimens HUMAINS (comme elle dit) rencontrés lors de notre voyage en SAVOIE, mais depuis avant-hier, elle a
décidé d'hiberner sous la couette, pour ne pas voir ce mois de novembre qu'elle abhorre, comme moi (j'ai remarqué que j'avais de nombreux points communs avec cette féline... bizarre!) Je reprends
donc de grand coeur, le flambeau qu'elle a laissé s'éteindre pour vous parler de FABRICE. Il fait partie, avec sa femme JOELLE, des belles rencontres du dernier séjour en Savoie.
FABRICE, avec un nom de héros Stendhalien(peut-être pas un hasard, puuisqu'il est né à Grenoble
comme l'auteur de la "CHARTREUSE DE PARME") et son physique soigné de mousquetaire du roi, ne correspond pas exactement à l'image stéréotypée que les citadins se font d'un éleveur de vaches
laitières. La première fois que je suis entrée dans sa salle de traite, il fixait les embouts de la trayeuse au son des BEATLES , qui surpassait le bruit des machines. Je lui ai demandé si
c'était pour faire plaisir aux vaches. Il m'a répondu avec son grand sourire juvénile: "9a leur fait plaisir et à moi aussi". Il faut dire qu'il aime sincèrement la musique Fabrice, avec sa femme
JOELLE, ils peuvent faire des kilomètres le week-end de repos (une fois tous les quinze jours !) pour aller voir un concert, une pièce de théâtre ou aller voir la mer et revenir pile poil à cinq
heures du matin pour la première traite, le lundi. Des semaines de 70 heures et la passion du métier qu'il a choisi. Fabrice destresse ses vaches aux fleurs de Bach et construit de jolis petits
box personnalisés pour ses veaux. Il est patient et pédagogue avec les enfants (et les grands)qui visitent sa ferme et peut rire de bon coeur en aidant une petite fille à faire jaillir le lait
dans sa bouche en pressant le pis. Je peux vous dire que le lait de ses vaches a la saveur de crème de nos rêves d'enfants, mais que notre foie a - hélas - oublié à la faveur des ersatz
allégés ! Mais si vous passez au Pays de Mandrin, ne manquez pas le détour par sa ferme.
Par Laurence
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Jeudi 17 septembre 2009
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Il m'a fallu deux jours pour m'emparer du clavier jalousement gardé par ma belle
(presque) PERSANE, qui estimait qu'il y avait bien trop de sujets sérieux à traiter en cette rentrée pour laisser sa place aux drôles de bipèdes que sont les humains...Elle pensait qu'il aurait
fallu parler de l'influence de la SCIENTOLOGIE dans toutes nos instances républicaines renforcée par le biais de l'amitié qui lie deux hommes de petites tailles, mais de grand pouvoir! J'ai nommé
NICOLAS et TOM, les fameux duettistes qui ont su unir leurs forces pour éviter l'interdiction de cette SECTE sur notre territoire. Elle pensait qu'il fallait parler de la réelection sans surprise
du candidat aussi unique qu'incapable, le cher Manuel BARROSO ou bien de l'élection probable d'un raciste notoire à L'UNESCO...Bref, les sujets ne manquaient pas à ma (presque) PERSANE, mais SA
MAÎTRESSE pour aujourd'hui encore voulait cuver encore tranquillement son trop plein d'IODE, de rires de MOUETTES, de SOLEIL et de MER, en refusant de regarder le ciel gris parisien! Juste envie
de fredonner la chanson idiote de BARDOT :
"Sur la plage abandonnée
Coquillage et crustacés
Qui l'eût cru déplorent la perte de l'été
Qui depuis s'en est allé..."
En regardant le goëland qui pose fièrement devant mon objectif la veille du départ.
Ou le minuscule point que j'étais sur la plage déserte du matin
"On a rangé les vacances dans les valises en cartons..." La,la, la...
Par Laurence
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Mercredi 9 janvier 2008
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21:57
Après une première semaine de voeux, de souhaits, d'espoir on entre de plain-pied dans la réalité 2008! Pas la moindre
petite transition pour rêver, il faut affronter le tangible, le réel sans lunettes roses, sous la lumière blafarde de l'hiver. Bartabas 'l'inventeur du
cirque Zingaro", le virtuose du dressage de chevaux, saccage le bureau du Directeur Régional des Affaires Culturelles, en apprenant le gel de 4% de sa subvention. Le
ton est donné. Je n'ai aucune estime pour Bartabas, beaucoup d'admiration pour l'artiste, mais aucune estime pour l'homme qui s'est totalement désolidarisé des intermittents depuis la
grande grève du festival d'Avignon, mais je dois avouer que l'image de ce sauvage jetant les chaises à travers le bureau directorial me réjouit. Je me mets à
rêver d'une nouvelle révolte de mes frères artistes (pas ceux qui remplissent le stade de France), méprisés, piétinés, exclus de tous les statuts qui préservaient leur
dignité. Je rêve d'une révolte contre Patrice Chéreau qui clame au micro de Laure Adler, qu'il y a TROP d'intermittents ( A-t-il songé à
se poser la question, sur le TROP de CONS qui encombre le paysage et qui sont beaucoup plus
nuisibles que les intermittents!!!) Je rêve d'une révolte contre les indignes paroles de notre Ministre de la Culture, Madame Albanel, interrogée hier sur France Inter et qui ne
parle que de rentabilité de la Culture " qui figure sur sa feuille de route"!...Comment ces mots peuvent-ils cohabiter ensemble? CULTURE-RENTABILITÉ- SERVICE
PUBLIC - PRIVATISATION. Doit-on vendre le patrimoine, celui des oeuvres dans les musées ou notre patrimoine architecturale pour remplir les caisses vides de
l'état? Madame Albanel, suivant "la feuille de route" de notre cher président répond . A l'image des "Colonnes de BUREN" qui pourrissent sous les fenêtres du Ministère de la Culture,
nos artistes devront attendre l'obole du mécène qui décidera de son droit de vie ou de mort.
Par Laurence
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Vendredi 23 novembre 2007
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14:02
Hier soir, alors que je m'apprêtais à écrire un petit article sur Maurice Béjart qui commençait par: " J'ai eu l'immense privilège d'assister à
deux ballets du chorégraphe hors norme qu'était Maurice Béjart...L'un s'appelait "1789" l'autre "le Presbytère " sur une musique de Queen et de Mozart..."L'article est resté en
suspens, il était 23 heures , ce 22 novembre, le téléphone sonnait pour m'annoncer que Jacques Zabor était passé de l'autre côté du miroir.... Brusquement, c'est un séïsme. Il
est impossible de faire coïncider réalité et cauchemar.
Jacques ZABOR, qui fut mon mari et le père de mon fils mourrait d'un mal foudroyant trois jours après avoir été admis à l'hôpital en urgence. D'un autre artiste, j'aurais
peut-être dit que cette mort subite, invraisemblable, incompréhensible, avait du panache, mais de lui, l'acteur, le poète, j'oserais dire qu'il nous a joué là, son plus mauvais rôle, celui qui
déchire le coeur de ceux qui restent en leur ôtant toute envie d'applaudir...Et pourtant, comment te quitter sans saluer en toi, Jacques, l'homme que j'ai aimé, Zabor,
l'acteur que j'ai admiré, toi, enfin Jacques Zabor, le poète trop discret. Salut au serviteur infatiguable de ce métier de saltimbanque que tu as hissé à la hauteur de tes (nos) rêves !
SALUT L'ARTISTE !
Jacques Zabor: recueil de poèmes: "Champ Nu" (rien qu'un poème)
Par Laurence
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Mercredi 9 mai 2007
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2007
17:15
Elle était auteure et comédienne. Elle avait fondé la compagnie des Docks avec Jacques Descorde en 1989.
Elle a écrit en 1996 Ecce homo ? (éd. du Cosmogone), Avant la chute, et un premier roman en 2000, Paradis des tortues
En 2001, elle était accueillie en résidence à la Chartreuse où elle finit l’écriture de Cut (m.e.s. Jacques Descorde, Théâtre du Rond-Point, 2003 ; éd. des Quatre-Vents ; AdT
15). Puis elle a écrit J’aime pas l’été et le livret de Là-bas peut-être l’africaine, opéra composé par Graciane Finzi et créé en 2003 par l’Orchestre National
de Lille et Le Grand Bleu.
Enfin " Blanc "crée cet automne au théâtre de la Madeleine à Paris dans une mise en scène de Zabou-Breitmann avec Isabelle Carré et Léa Drucker.
Elle s'est battue avec un courage exemplaire pendant plus de deux ans, mais cette saloperie de maladie
a eu le dernier mot ce matin à l'aube. Elle avait 42 ans et son talent n'avait d'égal que sa générosité.
Par Laurence
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