Certains de mes ami(e)s bloggeurs publient des articles tous les jours, parfois
deux par jour, même plus ! Comment font-ils ? Je suis admirative, quand j'arrive péniblement à revenir vers vous, une ou deux fois par semaine... Bon, nous dirons que ce n'est pas le nombre
qui importe ! D'ailleurs, j'ai une excuse valable à mon relatif silence, je me suis absentée quatre jours pour rendre visite à ma "grande" soeur à Perpignan et je ne voulais pas voler trop
de minutes au temps précieux et trop court que nous avions à partager Donc je suis rentrée hier par le TGV, cinq heures de voyage, cinq heures pour lire, écrire, réfléchir, cinq heures entre
parenthèses. Magnifique ! Ce fut vrai entre Perpignan et Montpellier, wagon quasi désert, délicieusement silencieux, pas même un voisin écoutant son IPod à fond et m'offrant le seul "tchac poum
poum" des basses qui traversent les oreillettes; le calme, je vous dis, mais....Alors que je m'apprêtais à écrire une page de ce qui sera un récit (?) Un roman (?) Une auto-fiction (?) enfin,
bref, ce qui sera ma prochaine "chose" écrite, le wagon fut envahi par une cohorte bruissante qui allait prendre possession de cet espace confiné, pour le transformer en Mac Do sur rails. Je n'ai
pas posé tout de suite mon stylo, pour vous livrer ces quelques esquisses brossées à vif /
Ils ont une vingtaine d'années, étudiants à n'en pas douter, des têtes de "bac avec mention ", mais avec un zeste de bobo précoce. A peine assis près de moi (nous sommes dans un "carré
convivial" !) ils déballent un petit repas chinois comprenant nouilles fumantes (j'apprendrais dans leur échange amoureux, qu' il s'agit de "nouilles aux champignons noirs, sauce caramel ") avec
baguettes, boissons, serviettes en papier...Je me demandais s'ils n'allaient pas sortir les chandelles et les flûtes en cristal. Durant un moment qui me paraît interminable, ils extirpent ce
genre de longs vers gluants du carton blanc qui les tient au chaud et les portent à leurs bouches avec une régularité épuisante. Un peu plus loin, face à moi, une jeune femme mord à belles dents,
bouche grande ouverte dans un mac Do dégoulinant de mayonnaise, tandis qu'un couple d'anglais organise un petit concert de déglutitions sonores et mouillées, rythmées par le craquement syncopé de
chips, du plus bel effet. TGV gourmand ! Il est 20 heures, l'ensemble de la rame avale, mâchonne, grignote, mordille, mastique, rumine, ronge...De l'autre côté de l'allée, un jeune
couple d'obèses - ils sont mariés de fraîche date, leurs alliances très brillantes en témoignent - partagent difficilement l'étroite banquette, SNCF 2eme classe. Elle, a posé ses
énormes seins sur la tablette de l'espace "convivial" et s'en sert de reposoir pour son jeu vidéo, lui, tente de réduire son volume "bibendum" de son mieux, pour éviter de dangereux
débordements aux frontières qui lui sont assignées. Il a une tête gentille de premier communiant élevé aux popcorns, et pour continuer à se protéger dans sa carapace graisseuse, il plonge sa main
potelée dans un maxi sac de cacahuètes et enfourne à intervalle régulier des petites poignées de ces irresistibles gourmandises. Après avoir englouti la moitié du sac, il se met en devoir à
l'aide de son index de débarrasser ses dents des débris de cacahuètes coïncés entre la gencive et les canines Après un petit rot discret de satisfaction, il s'endort, enfin repu et comme dit la
chanson: "j'ai bien mangé, j'ai bien bu, j'ai la peau du ventre bien tendue, merci petit Jésus !..."
PS: Aujourd'hui pas de photos, mais dans mon prochain article , je
vous ferai découvrir des "peintres catalan(e)s...