Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avait déclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu cette vêprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vôtre pareil.
Las ! voyez comme en peu d’espace,
Mignonne, elle a dessus la place,
Las ! las ! ses beautés laissées choir!
Ô vraiment marâtre Nature,
Puisqu’une telle fleur ne dure,
Que du matin jusqu’au soir !
Donc, si vous me croyez mignonne,
Tandis que votre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez votre jeunesse :
Comme à cette fleure la vieillesse
Fera ternir votre beauté.
(RONSARD)
Pour égayer mon bureau , j'avais acheté, il y a quelques jours, cette
superbe rose - dont la photo ne rendra jamais l'incroyable beauté ni la délicatesse sublime du camaieux de ses pétales - et deux jours plus tard, elle offrait cet aspect pitoyable qui
illustrait à merveille le poème de Ronsard et donnait à réfléchir sur la fragilité de toutes nos vanités...humaines !
Pour poursuivre sur "nos" gloires éphémères, j'ai regardé ce soir la
cérémonie des "Molières" à la télévision, puisque depuis quelques années je n'ai plus l'honneur d'y être invitée (ce dont je me passe fort bien) J'étais heureuse de constater que j'avais voté
à 80% pour ceux qui ont en effet obtenu la précieuse statuette (je vous avais parlé dans mon précédent article de Aude Briant, qui vient d'obtenir le Molière de la révélation) Bravo donc, à
Christian Schiaretti, à Patrick Chesnais, à Anne Alvaro entre autres. J'ai vu passer aussi la liste de tous ceux qui ont tiré leur dernière révérence... Beaucoup de mes ami(e)s...Éphémère!
Éphémère!....C'est la grandeur et la fragilité de nos professions...